Nez à Nez avec Roberto Greco, le photographe des parfumeurs

Robert Greco est le photographe des parfumeurs. Passionné par la photographie et les parfums, il marie les deux avec amour et tellement de passion afin de mettre en valeur et capturer l'âme du parfum. Focus sur son monde parfumé via une interview "Nez à Nez" par Savas.


© Roberto Greco


QUI EST ROBERTO GRECO?
Ce jeune photographe Italien vivant à Paris à grandi en Suisse. Diplômé en Communication visuelle, département de photographie, à l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne
(ECAL) en 2010 après un CFC de photographe à l’Ecole supérieure d’arts appliqués de Vevey (CEPV) en 2007. Roberto Greco est l'un des photographes prometteurs de sa génération, son côté mystérieux et cette mise en scène que ce soit pour un portrait, un parfum, il arrive à capter l'âme tout en racontant une jolie histoire autour. Tout le monde se l'arrache, de grandes maisons de parfums de niche telles que Jovoy Paris, Liquides Imaginaires, Frapin, Bogue, Aether et bien d'autres encore font appel à lui pour leurs campagnes publicitaires. (Son travail me touche particulièrement, il fonctionne de la même manière qu'un nez, il se met à la place du créateur lors d'un cliché et c'est très rare). 


© Roberto Greco
Room 1015 
Electric Wood


NEZ A NEZ AVEC ROBERTO GRECO
S.V: Présentes-toi en quelques mots?
R.G: Je suis plutôt détendu et sympa malgré les apparences.

S.V: Comment t'es venue l'idée de marier la photographie et les parfums?
Attiré depuis longtemps par la poésie des odeurs, c'est naturellement que je me suis dirigé vers les visuels de parfums dans mon travail dit commercial. Les rencontres ont fait le reste. 

S.V: Qu'est-ce qui te plaît dans la photographie et le parfum?
R.G: Avant même de réaliser des images pour les maisons de parfums, j'avais déjà dans mon travail artistique "une approche olfactive" de mes mises en scène. En effet, les éléments naturels, les fruits, les animaux et les plantes ont toujours le premier rôle dans mes compositions. 


© Roberto Greco
Jovoy Paris


S.V: Où trouves-tu l'inspiration pour un cliché?
Au quotidien, partout.


 © Roberto Greco
Coco Chanel


S.V: Comment se passe la collaboration avec une maison de parfums?
R.G: Les collaborations se ressemblent rarement. Chaque client à sa manière de m'amener son projet. Mon univers essaie de répondre au leur, et les différents échanges nous permettent de choisir une direction à suivre. Parfois, j'ai carte blanche alors que d'autres fois je dois jouer de compromis.

S.V: Raconte-nous un peu ce milieu?
R.G: Ce n'est que mon avis, mais je trouve qu'il va vite, parfois trop. Mais les belles surprises ne se font jamais attendre, heureusement! 

S.V: Te souviens-tu de ton premier cliché parfum? 
R.G: Pas, vraiment. Il s'agit peut-être d'un vieux flacon de Chanel n'5 trouvé dans une brocante, que j'ai ensuite maltraité à force d'immersions dans  l'eau pour les raisons de ma photo. Je l'ai toujours, bien qu'il ne reste plus grand chose de l'étiquette. J'imagine que c'est un acte cruel pour certains collectionneurs de la marque.

S.V: Une anecdote, un souvenir, coup de cœur, d'une maison de parfums qui t'a marqué?
R.G: Ce n'est pas professionnel, mais ça s'est passé dans une boutique de parfums de renom. J'ai testé une fragrance de leur collection que je connaissais vaguement, mon souvenir était celui d'un parfum très animal, gras et suave. La vendeuse me dit qu'il me va très bien, il faut être audacieux pour oser le porter car il est très provocant. Je lui dis que je me le souvenais plus puissant, et qu'à dire vrai je dois être enrhumé car je ne sens rien. Malgré le fait que la vendeuse maintenait qu'il m'allait bien, je suis resté perplexe et quelque peu déçu. Et en effet, l'eau colorée n'a pas vraiment d'odeur, il s'agissait d'un parfum factice qui aurait dû se trouver dans la vitrine et non sur les étagères comme nous l'a précisé une deuxième vendeuse.

S.V: Un conseil aux jeunes qui veulent se lancer dans la photographie?
R.G: Je ne pense pas avoir de conseils à donner, si ce n'est essayer de savoir ce qu'on veut exprimer avec son travail et ensuite s'y tenir en y croyant jusqu'au bout, en résistant aux cris des sirènes. 

S.V: La journée type de Roberto Greco?
R.G: Si je ne travaille pas pour un client, alors je reprends mon travail artistique où je l'avais laissé.

S.V: Qu'est-ce qui te met de bonne humeur le matin?
R.G: Je ne suis pas trop du matin, sauf s'il y a du soleil. Mais mon capital sympathie est au beau fixe le soir. 

S.V: Ton coup de gueule du jour?
R.G: C'est plutôt une bonne journée aujourd'hui, mais je trouverai sûrement quelque chose à redire demain. Peut-être le manque d'audace qui caractérise certains marchés? Je ne parle pas forcément de celui de la parfumerie, mais il y a parfois un mode de pensée qui m'irrite, c'est celui de vouloir plaire à un éventuel public cible. Et si ce public avait mauvais gout? émoticône smiley 

S.V: Ce que tu aimes?
R.G: Balader mon chien et m'asseoir sept minutes (le temps d'une cigarette)  à une terrasse de café. Ça remet les idées en place.

S.V: Ce que tu n'aimes pas?
R.G: Porter un parfum et me dire après quelques secondes que c'était une erreur de casting. Erreur avec laquelle je dois faire les heures qui suivent. 

S.V: Ton péché mignon?
Le sucre sous toutes ses formes.

S.V: Un moment de repos dans ton planning hyper chargé, tu fais quoi?
R.G: Si je suis sur une nouvelle série comme en ce moment, je ne lâche pas vraiment prise. Mais ça devient un mode de vie, pas une contrainte.

S.V: As-tu des grigris, objets, rituels, etc... avant un shooting photo?
R.G: Une bonne playlist fait généralement l'affaire.

S.V: Quel autre métier, aurais-tu rêver d'exercer?
R.G: Ça fait dix minutes que je réfléchis à cette question, et je n'ai pas de réponse sérieuse. Cela doit vouloir dire que le mien me plaît suffisamment? 

S.V: Cuisines-tu? Et si oui, quelle est ta spécialité favorite?
R.G: Oui, des pâtes et des gâteaux. Réaliser des meringues a le mérite de me canaliser. 

S.V: Ton rituel beauté avant de démarrer ta journée?
R.G: Une douche, un parfum. 

S.V: Ton parfum préféré?
R.G: Santal de mysore de Serge Lutens (demain j'en aurais sûrement un autre).


75ml, 165 euros


S.V: Les odeurs qui te font vibrer?
R.G: Les encens, les cuirs, les notes animales.

S.V: Les odeurs que tu détestes? 
R.G: Les gourmandes.

S.V: Connais-tu la Belgique?
R.G: Pas assez!

S.V: Tes projets, actus?
R.G: Je suis en train de réaliser une nouvelle série artistique débutée il y a deux ans, et elle devrait bientôt voir le jour. Cette fois, au milieu des photographies une surprise fera son entrée.

S.V: Que peut-on te souhaiter pour 2016?
R.G: De continuer sur cette lancée, soit de belles collaborations faites de rencontres et de projets intéressants.

Merci beaucoup d'avoir répondu à toutes nos questions en toute simplicité et sincérité Roberto Greco.

Roberto Greco
www.grecoroberto.biz
Contact:
info@grecoroberto.com

© Roberto Greco
Beaufort London
1805


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