jeudi 19 juin 2014

:::Emmanuel MARTINI: Un Perfume Jockey qui anime vos événements olfactivement!:::

Voici comme promis, une interview exclusive que nous a consacré Emmanuel Martini, Le Perfume Jockey et rien que pour THE BLOG LUXURY BY SAVAS.





Je trouve votre concept orignal, on délaisse souvent l'odorat lors d'une soirée mais je trouve cela important! Il n’y a pas que la décoration ou la musique. L'odeur est très importante pour
passer un bon moment, une agréable soirée... C'est un facteur important! Une pièce mal
éclairée, mal décorée avec une odeur incommodante, et l'événement est raté!
Expliquez-nous pour les gens qui ne connaissent pas le concept quel est le rôle d'un créateur
d'ambiance olfactif/Perfume jockey ?


Il s’agit de transposer le concept du Dj à la parfumerie. On mixait des sons et des images, désormais on mixe des parfums. Tel un DJ c’est une performance en temps réel. Je sollicite le
sens de l'odorat d’une manière originale afin de créer un environnement ou un état émotionnel
lorsque celui-ci est associé aux sens de l'ouïe et de la vision, voire même du goût et du
toucher.

Les parfums et les odeurs sont des compositions vibrantes et vivantes, impalpables comme un souffle et invisible comme l'esprit, mais tout aussi présentes et insaisissables. Ainsi, en créant
une unité entre les éléments d'ambiance (visuels, sonores et olfactifs), on entraine un
événement vers une forme de perfection. L’ambiance olfactive participe à renforcer le sens de
l'instant présent.

Ma volonté est de faire sortir le parfum de son flacon, de donner une interprétation olfactive des événements auxquels on me demande de participer. Cela permet d’amener le parfum dans
une nouvelle dimension, comme par exemple les concerts, ou les soirées festives aux côtés de
Dj.



Comment cette idée vous est venue de lier la musique et le parfum?

Franchement, c’est la question que l’on me pose le plus souvent... Et je ne sais pas vraiment.
J’ai toujours eu le même rapport aux parfums, aux odeurs et à la musique. Lorsqu’on réécoute
un morceau de musique que l’on avait oublié ou bien lorsqu’on sent une odeur qui évoque un
instant précis de son passé… un flash-back des sentiments et des sensations !

Ce n’est pas une idée qui m’est apparue de façon lumineuse un jour. J’ai envie de dire qu’il
m’a fallut plutôt une longue maturation, et que ce sont des associations d’idées qui ont évolué
au fur et à mesure jusqu’à prendre corps. C’est une démarche de recherche de soi qui m’a
conduit là, aujourd’hui ! Un métier que je souhaitais être le seul à faire, qui me permettais
d’être artiste, créateur, commercial, consultant en même temps... Un métier captivant en
somme ! Mon inspiration je l’ai trouvé en moi, ce fût, en quelques sortes, mon introspection.

Je précise que je ne mixe pas de musique. Seulement des parfums ! Mais je me retrouve très souvent au contact d’ambiances musicales lors des évènements auxquels je participe.



On peut faire appel à Perfume Jockey pour n'importe quel évènement?

Les occasions sont très variées : festivals dans le sud de la France et salons sur l’art de vivre. Soirées festives comme les très branchées Silent-disco (où l’on écoute la musique sur un

casque et non sur des enceintes) ou dans des bars de plages. Vernissages d’expositions de
galeries d’art, inaugurations ou temps forts pour des boutiques, des concept-stores ou des
grands magasins. Mais aussi lancement de nouveaux parfums ou nouvelles marques de
parfumerie.



Comment se déroule une soirée, un événement?


Avec le concept Perfume-jockey, c’est assez simple. J’installe ma platine. C’est un flight-case
de Dj dans lequel j’ai installé une plaque à induction. Je dispose les brasseurs d’air devant le
flight-case. Je branche l’installation sur le courant et je prépare mes flacons de parfums pour
la soirée. J’ai fait le choix d’une diffusion thermique (comme un brûle-parfum) car c’est le
moyen le plus rapide pour parfumer de grands volumes à partir d’un seul point de diffusion.
(Mais j’utilise aussi des systèmes de diffusion dits de micro-nébulisation à particules sèches.)

Je prépare mes mélanges : de l’eau distillée dans des cuves en métal, un peu de parfum à la
surface, puisque les bases parfumées (sans alcool) sont des corps gras, le parfum flotte donc,
l’eau fait office de support et d’isolant, afin d’éviter que le parfum trop ne chauffe et donc se
dénature. La vapeur d’eau qui se forme à partir d’environ 40°C, s’élève, elle est entrainée par
les brasseurs d’air et dispersé dans l’espace que je dois parfumer. Je peux utiliser deux cuves
en même temps, et faire se succéder autant de parfums que je souhaite. Les brasseurs d’air
évite aussi les projections mouillées, puisqu’ils divisent les molécules déjà très fines de la
vapeur. Si il y a un Dj, ou un Vj de présent, je me cale sur le line-up ou la programmation,
pour effectuer les transitions olfactives.



Vous imprégnez-vous d'un thème bien spécifique pour chaque soirée?

Souvent, je fonctionne au feeling, car mes clients me laissent carte blanche. Il y a des odeurs
qui rapprochent, favorisent l’échange… je les utilise en priorité.

Lors du salon Vivre Côté Sud en 2012, le thème était « Sous le signe d’Hélios ». J’ai donc
puisé dans la bibliothèque olfactive de la marque « terre d’Oc » dans le cadre d’un très beau
partenariat, une sélection de senteurs très évocatrices : Ouzo et figuier, Mirte et Immortelle,
Mandarine et Thym blanc, Bois résiné, Verveine d’une nuit d’été, Sieste sous le figuier, Olive
et sauge, Dattes et fleur d’oranger… J’ai mixé ces senteurs durant les 5 jours du salon en
extérieur. Et comme il s’agissait d’un salon de décoration, j’ai donc créé en plus, une
scénographie olfactive très décorative et poétique, en suspendant une cinquantaine d’éventails
en bois de bouleau parfumés au pinceau avec une senteur qui évoquait le coquelicot. Le vent
aidant, l’odeur se dispersait dans les allées.

J’ai fait un salon à Bordeaux en 2010, où le thème était induit lui aussi de l’évènement. Le
salon avait lieu dans un village médiéval tout près de Bordeaux et sa fondatrice est
brésilienne. J’ai donc utilisé des parfums d’armoise, d’aubépine et de plantes aromatiques
que l’on retrouve dans le carré des simples des monastères et une composition de banane
verte-coriandre en référence aux origines brésiliennes de la directrice. Puis j’ai complété
l’ambiance avec des senteurs de gardénia et de freesia car ce sont des parfums très présents
dans la décoration dans les gammes de bougies parfumées.



Quel a été votre parcours? Faut-il faire des études spécifiques?

Après des études de droit notarial et plusieurs années à travailler dans l’immobilier dans le
Var, j’ai étudié le sens de l’olfaction et l’histoire de la parfumerie en autodidacte au fond
documentaire du Musée Internationale de la Parfumerie à Grasse durant deux années. J’ai
complété mes connaissances en parfumerie lors de formations par des Maîtres parfumeurs à
l’Université Européenne des Saveurs et des Senteurs de Forcalquier. Cela m’a permis de
mettre au point ce nouveau concept Perfume-jockey.

En parallèle, afin de structurer ma démarche personnelle de changement, je me suis inscrit
durant trois années, à un cours de théâtre professionnel sous agrément des Cours René Simon
de Paris.

C’est en 2010, que j’ai officiellement dévoilé à Paris le concept : Perfume-jockey ! (lien 1)


Etes-vous l'un des seuls dans le métier?

A ma connaissance, nous serions deux. Un confrère, Eric Berghammer, au Pays-Bas, qui
exerce l’activité d’Aroma-jockey. Nous sommes en contact pour travailler ensemble sur
d’éventuels projets à l’avenir, comme cela a faillit être le cas en Espagne cet été. Nous ne
sommes donc pas concurrents. Nous avons une philosophie commune mais des approches
différentes.



Pour quel créateur avez-vous déjà travaillé?


J’ai tout dernièrement collaboré avec la maison de parfumerie alternative « Technique
Indiscrète ». Louison Libertin souhaitait mettre en avant sa gamme de parfums lors des pressdays
le 03 avril dernier à Brussels. C’est ainsi que nous avons parfumé la soirée de
présentation des nouvelles collections du store « Heroes Uncompromised », rue Léon Lepage,
autour d’un thème qui était celui du parfum exclusif « Ambre Forever ». (lien 2)

En 2012, je me suis retrouvé face à Jean-Claude Ellena lors d’une conférence sur le thème des
parfums dans les romans à l’Université Européenne des Saveurs et des Senteurs de
Forcalquier. Je devais parfumer la cour intérieure du couvent des Cordeliers pendant
l’intervention des conférenciers. Un véritable choc des générations.

Actuellement, je travaille avec Laurence Fanuel, parfumeuse indépendante, d’origine Belge.
Nous collaborons sur plusieurs projets : scénographie olfactive pour le théâtre Liberté de
Charles Berling en octobre 2013, l’exposition « Curiositas » pour le Musée des Beaux de
Nantes du mois de juin au mois d’août 2014. C’est une superbe aventure olfactive et créative.



Avec quel créateur rêvez vous de travailler?


Je suis ouvert à toutes propositions. Le travail de Sissel Tolaas, une artiste chimiste, surdouée,
d’origine Norvégienne, installée à Berlin m’interpelle beaucoup. Iconoclaste, provocatrice,
agitatrice de conscience… elle bouscule le diktat du « sent-bon ». Mais j’ai encore une liste
interminable. Je le laisse le destin se charger de nous mettre en contact, ou pas !



Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer?

De ne pas oublier de prendre du plaisir à faire ce qu’il créé.

 
Avez-vous des projets en ce moment?

Oui ! Je me rends à Nantes la semaine prochaine pour terminer les réglages d’une scénographie olfactive au Lieu Unique, dans le cadre du « Voyage à Nantes » pour
l’exposition « Curiositas », sous la direction du Musée des Beaux-arts de Nantes. Il s’agit de
parfumer une salle entière de l’ancienne usine de fabrication des biscuits Petit-beurre LU
durant deux mois. Laurence Fanuel, la parfumeuse avec qui je collabore, a récréé l’odeur des
Petit-beurre en train de cuire. J’ai mis au point la diffusion olfactive avec un système
automatique et programmable.

J’ai des projets de dates avec le Concept Perfume-jockey du côté de l’Italie pour un beau
salon sur les bords du Lac de Côme et du côté de Paris dans un grand magasin pour la rentrée.


Que peut-on vous souhaiter?

Pleins d’autres projets ?! ;-)


Vous êtes vous-même un passionné de parfum?
 
Il n’y a plus de doutes. Je pense l’être en effet… à ma manière ! Se parfumer c’est un une
manière de ponctuer son allure, sa tenue vestimentaire. Une façon de suggérer, d’en dire plus
sans avoir à dire un mot. J’ai une affinité particulière avec la parfumerie d’ambiance. Comme
on décore, je parfume les intérieurs, les événements, les lieux. C’est aussi pour cela que je
suis devenu conseiller artistique auprès de marques de décoration (plusieurs en Belgique et en
France) pour les aider à développer leurs univers olfactifs qu’ils déclinent ensuite en bougies
parfumées, en vaporisateurs ou en diffuseurs à rotins. J’ai créé une agence de compétences
olfactives basée entre Anvers en Belgique et Aix en Provence en France. Le parfum occupe
toute la place disponible dans ma vie.



Quel est votre parfum préféré?

Si je ne dois en choisir qu’un c’est Iris Silver Mist de Serge Lutens composé par Maurice
Roucel. C’est un parfum floral-boisé qui fait l’éloge de l’Iris de Toscane. J’aime ce parfum
car il possède plusieurs facettes surprenantes, il est très typé mais pas entêtant. Mais bien
évidemment comme tout passionné de parfum, je suis incapable de me contenter d’un seul
parfum !






Merci Emmanuel Martini d'avoir répondu à toutes nos questions!


:::INFOS:::
Emmanuel MARTINI DC Antwerpen - Aix en Provence

Agence Compétences olfactives Belgium :
T. +32 3 689 22 45
M. agenceolfactive@outlook.com

Créateur du concept "Perfume jockey" France :
T. +33 6 12 64 40 62
M. perfumejockey@gmail.com

Site web: http://www.perfumedup.com/



Set Olfactif/Printemps avec L'Artisan Parfumeur
Lancement Presse Héloïse V, Parfumeurs d'Attitudes
 Press Days Technique Indiscrète
 
 
 


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